lundi 17 janvier 2011

Peut-on lire Fragments d'un discours amoureux passé 20 ans?



Fatiguée des Christine Angot(beurk), Philippe Besson (mouaif), même Olivier Adam (c’est pour dire)… Bref, lassée de tous ces auteurs qu’on voit tout le temps sans savoir pourquoi, j’ai décidé de ressortir un bon vieux classique que j’avais adoré… lorsque j’avais 19 ans. Autant dire que j’étais un peu flippée. Mon vieil amant : Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes allait-il me faire le même effet quinze ans plus tard ? Quatre ans que je me posais cette question sans pouvoir y répondre puisque ce livre que j’avais tant aimé se trouvait aujourd’hui seul dans le noir d’un carton de JB posé au fin fond d’une cave humide. Je l’ai cherché plusieurs fois mais mon côté Indiana Jones ayant ses limites, j’avais lâché l’affaire. Je culpabilisais légèrement, mais bon. Et voilà t’y pas que Noël arrive ! Sous le sapin : surprise, mon Roland Barthes ! Flambant neuf, même collection, même couverture bien désuète ! J’étais aux anges. J’ai mis mon vieux pote à côté de moi sur ma table de chevet (rassurée) mais comme j'avais un peu peur qu’on n’ait plus grand chose à se dire, j’ai attendu jusqu'à... hier. Eh ben, ça marche toujours ! Car le texte est brillant ! Intello mais pas trop. Avec des exemples juste ce qu’il faut d’œuvres littéraires qu’on aurait aussi envie de relire. Alors, bien sûr, il y a des trucs qui ont changé depuis l’année de parution (1977). On attend plus l’appel de l’Autre devant son téléphone fixe chez soi comme une conne (je précise que c’est un livre sur l’amour divisé en plusieurs chapitres, ici, « l’attente »). Non, on bouge, on vit… et on rate l’appel… car le téléphone est coincé au fond du sac, on n’arrive pas à faire glisser la petite fenêtre de l’i-phone (quand on a deux mains gauches…) ou on a carrément oublié son téléphone chez soi ! Mais pour conclure : oui, je pense qu’on peut encore lire et relire Fragments d’un discours amoureuxà tout âge. Certains trouveront ce livre adolescent et naïf. Je le trouve toujours aussi tendre!

Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes (aux Editions du seuil).

jeudi 29 avril 2010

Daniel Glattauer m'a fait fantasmer (bon, je sais sur la photo, c'est pas évident...)


Deux mois que je n'avais pas lu un livre jusqu'au bout... parce qu'à chaque fois il me tombait des mains... (Les variations Bradshaw, pas mal mais pas assez rythmé, viens de le lâcher, le reprendrai sûrement plus tard ; Le paquet de Claudel -pas le grand, l'autre-, faussement intello, lu jusqu'au bout mais sans l'abîmer, ai pu même le revendre ! ; Mon épouse américaine, sûrement très drôle mais j'étais pas d'humeur. Bref aucun livre ne me redonnait l'envie...) Et puis, tout d'un coup, un roman : Quand souffle le vent du Nord m'est tombé dessus. Au propre comme au figuré puisque je l'ai renversé par erreur sur une pile de bouquins à la Fnac. Comme ça, face contre terre, il m'a parlé : "Allez, achète moi, tu vas voir c'est facile à lire, ça va te redonner l'envie d'avoir envie !" OK, OK. Pourtant, à voir la quatrième de couv : "Leo Leike reçoit par erreur un mail d'une inconnue, Emmi Rothner. Poliment, il le lui signale. Elle s'excuse et, peu à peu, un dialogue s'engage, une relation se noue. Au fils des mails, ils éprouvent l'un pour l'autre un intérêt grandissant", j'étais pas renversée. En plus, avec la couve gnangnan qu'ils ont choisie, je voyais déjà l'histoire à l'eau de rose, style :"non, je veux pas", "mais si tu veux", "non, c'est compliqué", "oui mais bon, essayons quand même" (d'ailleurs, il y a un peu de ça). Mais après m'avoir parlé, l'objet s'est ouvert tout seul à la première page (bon, j'ai un peu mis mes mains, ça aide). Et là, qu'on trouve ça cul-cul ou pas, le truc est qu'on veut savoir la fin. Car ce n'est pas un livre sur l'amour mais sur le désir. Et le désir, Daniel Glattauer, il arrive très bien à le décrire. Avec du temps, des manques, des ellipses, des phrases courtes, des variations plus longues, beaucoup d'érotisme... On veut que ça cesse. Qu'ils concluent pour qu'on en finisse! Bon, je sais je suis bassement terre à terre là mais c'est vraiment ce qui fait que pendant 48 heures chrono, je n'ai pas lâché ce livre d'une semelle... dans le métro, au lit, au bureau, sous la douche (nan, c'est pas vrai...) Et lorsque, enfin, on arrive à la dernière page, on se dit : "Ben, je me suis bien fait rouler". Car, si ça se trouve cet auteur, dans deux ans, on le cataloguera dans la catégorie des Marc Levy parce qu'il parle d'amour (enfin, ici de fantasme) avec un scénario efficace. Mais moi, je m'en fous, mon seul critère, c'est le plaisir et Daniel Glattauer m'en a donné.

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Ed Grasset)

PS : ET MERCI A DAVID DE M'AVOIR REDONNER L'ENVIE D'ECRIRE...

dimanche 28 février 2010

Que lisez-vous en ce moment ?


Rassurez ce n’est pas une étude sociologique… Ne sachant plus quoi lire, j’ai observé les comportements littéraires des usagers de la ligne 1. En une semaine, voici les titres que j’ai notés : Envy, un thriller de Sandra Brown, Manager : la solution du si (pas bête), Le Monde, Envy (le nouveau mag de Marie-Claire), Omega de Jack Mcdevitt, un livre de Yoshikawa (lequel ?, je ne suis pas arrivée à voir), Méthode Assimil Anglais, Soduku force 2, Les œuvres complètes d’Agatha Christie (ça a l’air lourd…), Moi tout craché de Jay McInerney, L’attrape Cœur de Salinger, Les jolies choses de Virginie Despentes, La croisière de Noël de Mary Higgins Clark, 7 jours pour une éternité de Marc Levy, Mots croisés niveau 4, 20 Minutes, 20 Minutes, 20 Minutes, 20 Minutes, L’Open space m’a tuer d’Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, Les classiques du Théâtre, La première journée (ou la dernière journée…les deux existent) de Marc Levy… Beaucoup de thrillers et de best-sellers pour être sûr de ne pas « gaspiller son temps », des livres jaunis, écornés, tout neufs, à peine cassés, sous plastique verts comme en CM1, rapiécés, customisés avec des marques pages bijoux, des livres avec des codes barres tout droits sortis de la bibliothèque, des romans qui tiennent dans une poche, d’autres qu’il faut tenir à deux mains… Du facile à digérer, à zapper, du prémaché, et quelques classiques pour rattraper nos failles. Et seulement un livre qui me parle (et encore, si jamais j'ai suffisamment la pêche pour lire ça): L'Open space m'a tuer.

mardi 23 février 2010

"Dédé , arrête de piquer la place à de jeunes auteurs!"


André Manoukian a un certain charme, enfin surtout quand il est juré de la Nouvelle Star sur M6 parce qu’en vrai, il a pas trop de charisme (je sais je l’ai interviewé)… Bref, avec ses gros sourcils broussailleux et ses métaphores philosophico-sensuelles, André Manoukian a un certain charme… bon, juste à la télé…mais quand même, on lui accorde… Par contre, à chaque fois qu’il écrit, c’est la cata. Un mythe s’effondre. On reconnaît bien sa patte : du style et du second degré mais pour le fond, au secours ! Déjà lorsqu’il avait publié son premier livre La Mécanique des fluides, en 2008, on avait failli s’étrangler en lisant le détail de ses aventures amoureuses… comme s’il parlait à des potes alors que son public est féminin… Pas si malin, Dédé. Mais là, avec son prochain bouquin qui sort le 9 mars : Deleuze, Sheila et moi, on se dit qu’il a juste besoin d’argent. Et ça, ça écorne un peu plus le mythe…Si mythe il y avait. Parce qu’à l’intérieur, on a juste une compile de ses meilleurs mots (à la Nouvelle Star pour ceux qui suivent) commentés et analysés… par lui-même. Autant dire, qu’il remixe, le tout avec un ABCdaire sur lui même et des principes philosophiques… J’avoue, si le livre fourre-tout est un nouveau concept, je n’y adhère pas. Mais vraiment pas !

Deleuze, Sheila et moi (éd Calmann-Lévy, sortie le 9 mars)

jeudi 11 février 2010

Le mec de la tombe d'à côté... est bien vivant


J’ai acheté ce bouquin parce que j’avais vu des affiches de la pièce du même nom : Le mec de la tombe d'à côté dans le métro… comme quoi le marketing viral, c’est de la m… Une bonne affiche et hop on tombe dans le panneau ! J’avais déjà trouvé le titre sympa, commencé à y penser… Ne restait plus qu’à l’acheter. Or, un jour je suis tombé dessus à la Fnac et je me suis dit « pourquoi pas ? » comme ça, au moins lorsque je passerai devant l’affiche, je serai de quoi ça cause. Eh ben, c’est très bien. L’histoire est simple : elle vient régulièrement se recueillir sur la tombe de son mari. Il vient fleurir la tombe de sa mère. Elle est bibliothécaire. Il est agriculteur, et n'imagine pas qu'on puisse lire "de son plein gré ." Bref, tous les oppose et pourtant… c’est l’amour fou ! Mais pas bête, ni aveugle pour autant. Car ces deux là sont conscients de leurs différence sociale… Construit comme un roman à deux voix (j’aime pas dire choral), Le mec de la tombe d’à côté ne manque ni d’humour, ni de tendresse…On comprend pourquoi il fait partie des best-sellers suédois !

Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti (existe en poche)

jeudi 4 février 2010

jeudi 28 janvier 2010

Pourquoi je n'ai pas fini le dernier Joncour


Pourquoi ne finit-on pas certains livres ? Parce qu'on n'est pas d'humeur et que l'ambiance du livre qu'on avait acheté il y a trois semaines ne correspond plus du tout à la nôtre. Parce qu'on n'a pas le temps. Parce qu'on vit, on court, on agit. Parce qu'on en a marre de courir et qu'on a envie de se poser, de réfléchir, de rêver, d'observer. Et que voler du temps inutile, c'est un luxe. Ou aussi. Et ça arrive parfois. Parce qu'on s'est fait rouler par la première page. Celle qui nous a décidé à continuer notre lecture ailleurs. Ailleurs que dans un endroit bondé où les gens vous bousculent en disant "pardon" toutes les 5 minutes. Cette première phrase était signée Serge Joncour (L’Homme qui ne savait pas dire non) : « Parfois le soir, seul devant la glace, il avance ses lèvres pour dire le mot, il les rassemble comme pour une moue ou un demi-baiser, il tend la bouche vers l'avant et cale les incisives pour souffler la décisive consonne, mais là le mot ne vient pas, il lui reste sur la langue comme un noyau de cerise, un chewing-gum qui refuserait de buller. » Séduisant, non ? Oui mais... passée l'originalité du thème et du titre, le reste m'a semblé trop superciel... Comme une fausse bonne idée dissimulée derrière de belles phrases. Alors on arrête son roman (parce qu'on n'a pas huit ans et pas de fiche de lecture à rendre... quoique) et on en prend un autre du même auteur... Pas pas masochsime, au contraire. Mais parce qu'on a senti un style, celui de la première page justement... Alors de Serge Joncour, je conseille plutôt que L’Homme qui ne savait pas dire non, un beau livre de nouvelles Combien de fois je t’aime et un roman drôle et rythmé sur la célébrité : L’Idole... Ceux là, je les ai finis sans me forcer.

L’Homme qui ne savait pas dire non
de Serge Joncour (éd Flammarion)
Combien de fois je t’aime de Serge Joncour (en poche)
L'Idole de Serge Joncour (en poche)

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