
Fatiguée des Christine Angot(beurk), Philippe Besson (mouaif), même Olivier Adam (c’est pour dire)… Bref, lassée de tous ces auteurs qu’on voit tout le temps sans savoir pourquoi, j’ai décidé de ressortir un bon vieux classique que j’avais adoré… lorsque j’avais 19 ans. Autant dire que j’étais un peu flippée. Mon vieil amant : Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes allait-il me faire le même effet quinze ans plus tard ? Quatre ans que je me posais cette question sans pouvoir y répondre puisque ce livre que j’avais tant aimé se trouvait aujourd’hui seul dans le noir d’un carton de JB posé au fin fond d’une cave humide. Je l’ai cherché plusieurs fois mais mon côté Indiana Jones ayant ses limites, j’avais lâché l’affaire. Je culpabilisais légèrement, mais bon. Et voilà t’y pas que Noël arrive ! Sous le sapin : surprise, mon Roland Barthes ! Flambant neuf, même collection, même couverture bien désuète ! J’étais aux anges. J’ai mis mon vieux pote à côté de moi sur ma table de chevet (rassurée) mais comme j'avais un peu peur qu’on n’ait plus grand chose à se dire, j’ai attendu jusqu'à... hier. Eh ben, ça marche toujours ! Car le texte est brillant ! Intello mais pas trop. Avec des exemples juste ce qu’il faut d’œuvres littéraires qu’on aurait aussi envie de relire. Alors, bien sûr, il y a des trucs qui ont changé depuis l’année de parution (1977). On attend plus l’appel de l’Autre devant son téléphone fixe chez soi comme une conne (je précise que c’est un livre sur l’amour divisé en plusieurs chapitres, ici, « l’attente »). Non, on bouge, on vit… et on rate l’appel… car le téléphone est coincé au fond du sac, on n’arrive pas à faire glisser la petite fenêtre de l’i-phone (quand on a deux mains gauches…) ou on a carrément oublié son téléphone chez soi ! Mais pour conclure : oui, je pense qu’on peut encore lire et relire Fragments d’un discours amoureuxà tout âge. Certains trouveront ce livre adolescent et naïf. Je le trouve toujours aussi tendre!
Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes (aux Editions du seuil).




